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2011-11-11

 

A Europa corre para o abismo


L'heure de vérité

Avec l'Italie, la crise de la zone euro a pris une dimension qui oblige désormais les dirigeants européens à sortir vraiment du « trop peu, trop tard » et des politiques punitives à l'égard des pays en crise qui aggravent leurs problèmes au lieu de les résoudre. Sauront-ils le faire ? Le passé récent ne plaide pas en faveur de cette hypothèse, mais en même temps l'échec criant de la voie suivie à l'égard de la Grèce, pourra, espérons-le, servir suffisamment de leçon pour éviter de renouveler les mêmes erreurs à l'égard de l'Italie… A défaut de quoi c'est non seulement l'euro mais l'ensemble de la construction européenne qui risquerait d'être emportée.
Le nième plan de sauvetage définitif de la zone euro décidé le 26 octobre dernier n'a pas tenu trois jours, la proposition de référendum avancée par l'ex-Premier ministre grec Georges Papandréou l'ayant torpillé. L'abandon de ce projet n'a pas suffi à ramener le calme, la spéculation se portant désormais sur l'Italie, qui est huit fois plus grosse que la Grèce : ses 1900 milliards de dettes publiques (contre 350 pour la Grèce) pèsent à eux seuls 20 % du PIB de la zone euro. Même le départ annoncé de Silvio Berlusconi n'a pas suffi à calmer le jeu là non plus : l'Italie, qui doit refinancer sur les marchés plus de 300 milliards d'euros de dette publique au cours des 12 prochains mois, doit pour l'instant emprunter à plus de 7 % contre moins de 2 % pour l'Allemagne. Un niveau insupportable pour un pays dont la richesse produite ne s'accroit chaque année que de 3 % en moyenne (y compris l'inflation). L'Italie était certes déjà, avec la Belgique, le pays de la zone euro le plus endetté mais avec un déficit public limité et les taux d'intérêt dont elle bénéficiait jusque là, la situation restait gérable. A 7 % sa dette va grossir de manière incontrôlée dans un effet boule de neige et l'Italie se retrouver dans la situation de la Grèce : insolvable, incapable de rembourser sa dette. Et dans un cercle vicieux infernal, cette perspective pousse toujours plus les taux d'intérêts vers le haut puisque le risque de ne pas retrouver leur mise grandit pour les créanciers de l'Italie.
Face à un défi de cette ampleur, même après le 26 octobre, la zone euro est dépourvue pour l'instant de moyens d'actions. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) n'est pas de taille suffisante pour faire face aux volumes de prêts nécessités par l'Italie si elle devait cesser d'emprunter sur les marchés financiers. Les bricolages imaginés le 26 octobre dernier pour en gonfler les moyens d'interventions sans pour autant y injecter davantage d'argent ne sont pas encore opérationnels. Et même s'ils le devenaient leur efficacité potentielle paraît douteuse à de nombreux observateurs. La Banque centrale européenne (BCE) rachète bien des titres de dettes italiens sur les marchés. Mais elle le fait avec tellement de réserves et en manifestant tellement fortement sa volonté de limiter ce type d'intervention, que cela ne dissuade absolument pas les spéculateurs qui jouent contre la dette italienne…
L'arrivée de Mario Draghi, un Italien, à la tête de la BCE depuis le 1er novembre dernier, loin d'être un atout risque d'être un obstacle supplémentaire : il aura sans doute à cœur dans un premier temps de faire oublier sa nationalité, en se montrant plus allemand que les Allemands sur le sujet du rachat des titres de dettes par la BCE. C'est en effet un des principaux dogmes de l'orthodoxie monétariste auquel les autorités allemandes restent très attachées jusqu'à maintenant. Avec comme résultat le paradoxe suivant : si la BCE disait clairement qu'elle achètera de façon illimitée les titres de dettes italiens dès que les taux d'intérêt dépasseront un certain seuil, elle serait probablement amenée en pratique à en acheter moins qu'aujourd'hui car cela suffirait à dissuader les spéculateurs de faire monter les taux…
Même si l'urgence n'est pas forcément immédiate, on le sent, avec l'Italie c'est cette fois vraiment l'heure de vérité qui arrive pour la zone euro. Au vu des deux dernières années, il n'y a, a priori, guère de raison d'espérer que nos dirigeant(e)s soient capables de faire passer suffisamment l'intérêt commun européen devant leurs intérêts nationaux et leurs contraintes de court terme de politiques intérieures pour réagir de façon rapide, forte et solidaire face à la spéculation. Mais heureusement, le pire n'est pas toujours sûr…

Guillaume Duval
Article Web - 10 novembre 2011

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